Dans les oreilles #2

En novembre, le rock anglais a laissé place au jazz smooth et à la bossa nova de la chaîne Café Music BGM Channel.

J’ai aussi écouté en boucle :

Bob Marley – « Waiting in vain »

Oh Muu – « Jeunes oubliés »

Mos Def – « Mathematics »

IAM – « Musik »

Oxmo Puccino – « Plus loin que l’horizon »

Indochine – « 2033 »

Placebo – « Pure Morning »

Born – « Past Lives »

Didi crazzz – « Far ahead »

Disiz –  » Autre espèce »

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Love always remains

L’épouvantail s’est excusé. Il ne veut pas m’enfermer ni me blesser. Il me veut libre et heureuse. C’est juste qu’il a pris conscience qu’il m’aimait plus qu’il ne l’osait l’avouer.

Je croyais qu’il ne voulait plus d’une relation sérieuse. Lui aussi le croyait jusqu’à ce qu’il se rende compte que j’étais la personne qui lui faisait le plus de bien, celle avec qui il voulait passer le plus de temps possible.

Il aimerait trois nuits par semaine. Il sait que ce n’est pas toujours évident pour moi. C’est pour ça qu’il aimerait bien que je lui envoie des petits mots doux ou que je l’appelle, même 10 minutes, histoire d’entendre  ma voix.

Nous avons échangé les rôles.

L’étudiant est très mignon mais il part en Argentine au mois de Février. Et je le connais trop peu pour lui sacrifier l’épouvantail. Ce dernier m’a soutenu, écouté, aidé pendant des années. Il a été là quand l’ambulance m’a embarqué. Il a été là quand j’étais enfermée entre quatre murs et gavée de tranquillisants.

Nous avons vécu trop de choses ensemble. Nous sommes comme deux soldats ayant combattu sur les mêmes champs de bataille. Il est mon alter ego masculin, mon ami, mon confident, mon Virgile. Nous sommes sur la même longueur d’ondes dans trop de domaines. Et je n’ai pas envie d’une histoire compliquée.

Triste et déçue

Cette sensation de plénitude ne pouvait pas durer indéfiniment.

Bien que littéraire j’ai un esprit très cartésien. Je ne crois pas au hasard. Chaque chose se produit pour une raison, est la conséquence d’un événement, d’un choix, d’une situation.

L’intérêt pour mon jeune collègue ne vient pas de nulle part. Depuis que j’ai commencé à travailler, l’homme que j’aime se montre hautain, arrogant et méprisant envers moi. Plus les semaines passent plus j’ai la sensation qu’il en a rien à foutre de moi. Ce qui l’intéresse c’est mon chit et mes fesses. Je ne retrouve plus l’être que j’aimais et que j’ai voulu à tout prix récupérer. Je ne retrouve pas celui qui était doux, humble, attentionné, à l’écoute et qui me faisait rire. Je suis déçue et ça m’attriste.

Il me trouvait trop dépendante, trop attachée à lui, se plaignait de ne pas pouvoir sortir avec ses amis et ses camarades d’école. Maintenant il râle parce je ne peux pas être toujours disponible quand lui l’est. Parce que moi aussi je sors, avec mes ami-e-s, mes collègues. Moi aussi je vis. Alors quand je lui explique que je ne peux pas et qu’il faudra attendre une semaine pour se voir, il ne donne plus de nouvelles. Nous avions pourtant passé une très bonne soirée et nuit ensemble la veille…

J’ai repensé à tout ça hier soir avant de me coucher, et j’ai failli pleurer. Puis je me suis rappelée de tout ce que j’avais subi, enduré, accompli. J’ai vu le sourire de ma mère, de mon frère, de mes ami-e-s et je me suis endormie.

Seasons in the sun

Il y a du nouveau au boulot.
Phil, le stagiaire va bientôt partir alors qu’un autre, Gus, vient d’arriver. Le « renfort Noël » vient aussi de débarquer. Irma est portugaise et une amie de Lili. Toutes les deux adorent les dramas asiatiques ; surtout les coréens.
Quand la cheffe et l’adjointe ne sont pas là, l’ambiance prend des airs de colonie de vacances. Pendant la pause déjeuner, la réserve/salle de pause se transforme en Radio Ragots.

Phil et Irma sont au même lycée.
Phil – J’ai une pote qu’est venue y a deux semaines. Quand elle est passée à la caisse et qu’elle a vu l’étudiant elle a gueulé « oh le beau gosse ! » puis elle m’a demandé de lui envoyer une photo d’elle et de lui demander comment il la trouvait.
Irma – De quoi ? L’étudiant ?
Lili – Il travaille que le weekend, tu l’as pas encore vu Irma. Faut pas qu’elle espère quoi que ce soi ta pote, l’étudiant a une copine depuis 4 ans.
Phil – Beh justement ils ont rompu récemment…
Lili – Non ! C’est vrai ?
Phil – Il part en Argentine au mois de Février et ça faisait un moment que ça n’allait plus entre eux.
Lili – Oh, c’est pour ça qu’il semblait tout triste ces derniers temps.

Avec moi il se marre bien. Il fait des cocottes et des couronnes en papier, imite des présentatrices TV, me montre ses dessins.
Je me sens comme le personnage principal d’un roman. J’y pensais déjà avant là j’ai vraiment l’impression d’être dans l’héroïne du Bonheur des Dames de Zola. C’est sincèrement déroutant mais sacrément délicieux.
Je me suis égarée dans le temps. J’ai des flashs sensoriels à chaque rayon de soleil. Je me souviens et suis frappée du chemin fait. Fière de ma fragilité. Je porte un regard bienveillant sur le monde et moi-même. Me laisse aller sur des courants que jamais je n’aurais pensé approcher. Ne cherche pas à atteindre les sommets. Pour la première fois de ma vie je suis bien où je suis.

Friandise(s)

Guru – Count your blessings

Ce jeune garçon est vraiment mignon.
Il fait un drôle d’effet.
Tentative de contrôle échouée.
Rien ne peut résister à la spontanéité.
C’est complètement inconscient la plupart du temps.
Une sensation qui s’incruste et qui, sur le moment, passe inaperçue.
Aussi troublant que doux et aussi fort qu’inattendu.
Pourtant il me semble que je ne fais qu’être moi-même.
Je ne fais que vivre ; après des années de lutte et de souffrance.

Partout c’est l’Indo

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26 ans d’existence dont 16 avec et grâce à Indochine.

Il s’en est passé des choses depuis cette journée de janvier où j’ai entendu pour la première fois « J’ai demandé à la lune » et le groupe de Nicola Sirkis. J’étais dans la voiture avec ma mère. Nous revenions de chez la dermatologue. L’auto-radio était bloqué sur RTL2.

Aujourd’hui ma mère possède toujours la même voiture. La chanson « J’ai demandé à la lune » est devenue l’hymne de la renaissance d’Indochine. Je n’écoute presque plus la radio et surtout pas RTL2.

De « Paradize » à « 13 », j’ai vécu mon adolescence et le début de ma vie d’adulte au rythme des albums d’Indochine. Entre chaque sortie et nouvelle tournée, je m’intéressais au passé du groupe, à sa naissance, aux anciens albums. Ma personnalité, mes influences, ma culture et ma sexualité se sont construites avec Nicola Sirkis et Indochine. Ils m’ont aussi et surtout aidé à survivre à une époque où je ne me sentais pas exister. Ils m’ont évité de fuguer, de me replier sur moi-même, de couper les liens avec la réalité, de me suicider. Ils m’ont sauvé et je suis loin d’être la seule dans ce cas.

Indochine n’est pas un groupe comme les autres. Aucun groupe français n’a réussi à remplir autant de Bercy et de Stade de France. Aucun groupe français n’a eu une carrière aussi longue. Aucun artiste français ou international propose un show de 2h30 pour 40 euros max. L’entourage du groupe comme les fans forment une véritable tribu. Un concert d’Indochine c’est une sorte de grande messe païenne. Il y a une connexion, un échange, un truc qui se passe entre le groupe, le public et entre les spectateurs.

Bien sûr à un moment j’ai un peu délaissé Indochine pour d’autres groupes ; Gorillaz en première ligne. Mais je finis toujours par revenir vers Nicola Sirkis et ses acolytes. Un peu comme on revient vers l’amour de sa vie.