06h22

Dimanche matin. Il fait encore nuit et la plupart des gens dorment. Le vent souffle fort dans les arbres, se glisse entre les immeubles, fait tomber les pots de fleurs et claquer les volets fermés.
Un café et des volutes de fumée. Des bougies, des harmonies douces et tranquilles. Contraste entre la paix intérieure et les éléments extérieurs. Cela était encore inimaginable il n’y a pas si longtemps. Et pourtant toujours demeure cette étrange mélancolie sereine. C’est l’âme slave il semblerait. Cette marque interne, cette cicatrice à jamais vivace. Traces d’un passé calcinée dans le sang et les larmes.
Voilà la pluie et le chant des oiseaux. Il faudra aller travailler bientôt.

Un sourire

Hier matin je me suis levée avec soleil ; ça faisait un moment qu’on ne l’avait pas vu. J’ai bu mon café et fumé un joint en regardant les avions passer dans le ciel. J’ai eu envie de partir en voyage. En Australie, en Argentine, en Californie, aux Canaries, à Londres, à Berlin, à Amsterdam.
Avant d’aller travailler je suis allée acheter des clopes. J’étais en train d’attendre au bar tabac de la gare. Au comptoir, un vieil homme à la longue barbe blanche expliquait à un autre homme : « Moi il m’en faut peu pour être heureux. Du moment que je vois les autres sourire je suis content. Tu vois la petite dame là bas (en me désignant), elle sourit bah c’est bien, la jeune fille et la patronne elles bossent mais elles sourient quand même. »
Je sors du bar tabac. Une équipe d’entretien des espaces verts s’affaire à la tâche. La clope au bec et la bonne humeur sur la face, ils escaladent le talus d’arbustes. Soudain l’un d’entre eux s’exclame : « Ah parce que toi tu crois que l’arbre il est pas vivant ?! »

Chère clientèle


Voilà bientôt 3 mois que je travaille dans un magasin de fournitures pour les métiers d’arts et loisirs créatifs. Ces derniers sont au rez de chaussée avec les caisses. Le rayon « Beaux-Arts » se trouve à l’étage ; là où je suis la plupart du temps. Au cours de cette période ponctuée par l’approche de Noël (moment le plus important de l’année pour les magasins), j’ai eu le temps d’analyser la clientèle. Elle se divise en trois catégories.
D’abord les étudiant-e-s en art/archi et les « artistes ». Pros ou non, ces client-e-s savent où ils/elles vont, ce qu’ils/elles veulent. S’ils/elles ont besoin de moi c’est parce que les produits ont été déplacés et ne sont plus à leur place habituelle, ou pour un conseil technique. Ce sont généralement les client-e-s le plus cools si elles/ils n’ont pas pris la grosse tête (là par contre c’est l’horreur ultime), et celleux qui nous font les plus gros paniers ; qui dépensent le plus.
Puis il y a les débutant-e-s et intermédiaires. Ces personnes commencent une ou plusieurs activités artistiques ou ne pratiquent pas assez souvent pour faire partie des « artistes ». Catégorie plus large que la première, elle est aussi plus pénible. Il faut souvent passer du temps pour leur faire comprendre pourquoi le produit qu’ils/elles veulent est « si cher ». Au moindre signe de doute, à la moindre hésitation de ma part ils/elles peuvent me juger incompétente, menteuse et s’en aller.
Enfin la dernière et la plus grande des catégories : les néophytes. Là on trouve de tout, le meilleur comme le pire. Des mamans venues faire les courses pour leurs (sales) gosses en école d’art, des gamin-e-s qu’ont vu un truc sur le web et veulent absolument le même, des costards-cravates, des vieux qui veulent faire encadrer la photo de leur chien ou de leurs petits-enfants… C’est cette catégorie qui gueule dans le magasin que « putain c’est trop cher juste pour un stylo j’comprends pas ». C’est cette catégorie défonce les articles en voulant tout tester. C’est cette catégorie que j’ai le plus souvent envie d’éclater.

Du réconfort

Entre les crises d’angoisse, la dépression, le burn out, le chômage, la peur de l’abandon, l’hôpital psy, les remises en question, les opérations, j’ai appris à trouver du réconfort dans les petits riens. J’ai compris que combattre la souffrance et la tristesse par la violence ne servait à rien si ce n’est user inutilement ses forces. Maintenant je sais m’économiser et lutter à coups de douceur.

Parmi les choses qui me détendent et me font du bien au moral il y a…

– La lueur de bougie(s)
– Mon chat
– Le soleil
– Siroter une boisson chaude (café ou infusion) en fumant un joint
– Manger un bon petit plat (chaud de préférence)
– M’enrouler dans un plaid, une couette, une couverture
– Prendre un bain chaud avec du sel de bain à la fleur de cerisier, et quelques gouttes d’huile essentielle de citronnelle ou de tea tree
– Mettre des cotons imbibés d’eau de bleuet sur mes paupières
– Écouter du rap de meuf badass, les chansons Disney en VO ou des sons posés comme ceux de Jinsang ou d’Engelwood.
– Regarder des trilogies (Star Wars, Lord of the Ring, Harry Potter), un film de Miyazaki ou des animes (HunterxHunter, Cowboy Bebop, Fullmetal Alchemist, My Hero Academia…)
– Ne plus réussir à décrocher d’un livre

à continuer…

Aesthetic

à compléter… 

Les fleurs, les paillettes, les lieux abandonnés (églises, hôpitaux, usines…), les ruines, les néons, les bougies, les feux d’artifices, le fluo, le phosphorescent, les pieuvres, les champignons, l’ananas, la pastèque, les aéroports, les fêtes foraines, l’holographique, les récifs coralliens, les champs de blé, Disneyland, les palmiers, l’époque victorienne en Angleterre, les jeux vidéo des années 1990-2000, les couchers de soleil, l’Andalousie, les Cyclades, Tokyo, le Château de Versailles, les couleurs pastels, le gothique flamboyant, l’espace, l’antiquité, les tatouages, les animes, les cristaux, l’ésotérisme, l’astrologie…